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Plus loin que loin!

Le magicien du Petit Peuple

Date relative: 
Samedi, février 9, 2008 (Jour entier)

Laissez-nous vous raconter une histoire profondément triste, mais qui finit bien. A vrai dire, elle n'est pas encore terminée, loin de là, puisqu'il s'agit de la vie de Jean-Pierre Parent qui, à l'adolescence, a dû faire le deuil de sa jeune mère décédée d'un cancer fulgurant. La beauté des choses, c'est que cette épreuve provoquait sa rencontre avec Pierre Massie et sa troupe du Petit Peuple, lesquels l'ont accueilli dans leur groupe pour en faire un magicien. C'est donc une histoire magique dont nous vous dévoilerons tout de même le truc, parce qu'il est simplement humanitaire. En 1994, Jean-Pierre est un élève de troisième secondaire, très impliqué dans la polyvalente Sainte-Thérèse, par ailleurs fasciné par la magie qu'il explore depuis le primaire, lorsque la fatalité l'arrache à sa mère, en emportant une part de son âme. On constate, à l'évocation de ce souvenir, que le jeune homme, aujourd'hui âgé de 30 ans, a vécu un deuil cruel: «Je ne l'accepterai jamais, laisse-t-il laconiquement tomber, mais ça m'a rendu tellement plus fort», relève le jeune homme, qui a toutefois pu compter sur la présence de son père. C'est d'ailleurs en repensant à tous les trajets de son paternel en auto, afin de donner ses premiers spectacles de magie, que notre invité retrouve un sourire. C'est à partir de La Soupierre, un petit local de la PST où les émules de Pierre Massie tenaient une activité d'entraide destinée à nourrir les élèves qui n'ont pas de lunch, qu'il découvrira la maison du Petit Peuple, à Blainville. Il y donnera ses premières prestations de magicien, afin d'amasser des fonds pour un voyage humanitaire en République Dominicaine. «J'avais un talent et le respect qui venait avec», se remémore-t-il, alors que ses tours de cartes se précisent et impressionnent les spectateurs. Très vite impliqué dans les activités du Petit Peuple, l'adolescent est encore plus fier de participer au financement du voyage avec ses soirées de magie et, une fois rendu en République Dominicaine, c'est l'émerveillement qu'il lit dans les yeux des enfants qui achèvent de le convaincre de la pertinence de son talent. «C'est là que j'ai commencé à être plus sérieux à propos de tout ça. Ce voyage m'a ouvert les yeux sur la différence. J'y ai appris le respect des autres et de ce qu'on a», constate le prestidigitateur qui vogue aujourd'hui sur les bateaux de croisière pour gagner sa vie, en égayant celles des autres. Le magicien aguerri qu'il est devenu collabore notamment avec Alain Choquette, en caressant le rêve de monter son propre spectacle et de partir en tournée. Une soirée donnée devant 500 spectateurs, à la Maison des arts de Laval, demeure pour lui une révélation qui le motive et le fait avancer. Pierre Massie, quant à lui, ne fait pas de magie. «lia été là», se souvient simplement Jean-Pierre Parent, tout comme sa chouette équipée du Petit Peuple qui l'épaulait dans un moment de vie qui aurait pu s'avérer plus difficile encore, mais qui résulte dans cette belle réussite personnelle, dont le meilleur reste à venir. Quoique, depuis lors, la direction de la PST a fermé La Soupierre pour des motifs techniques, pour donner une vocation pédagogique au petit local du mail central. C'est un service de coupons en lien avec la cafétéria qui supplée à nourrir les élèves démunis, une louable initiative certes, mais qui ne fait pas de magie.